Les coulisses d'une Bulles Party : animation bulles géantes, plusieurs heures de préparation pour une heure de magie
- Sabrina Deseigne

- il y a 2 heures
- 4 min de lecture

Quand les enfants arrivent en courant en criant « Wouah ! Des bulles géantes ! », ils ne voient qu'une chose : la magie.
Et c'est tant mieux.
Car derrière une Bulles Party, il y a plusieurs heures de préparation, de logistique, d'entretien, de réflexion… et beaucoup de passion. Aujourd'hui, je vous emmène dans les coulisses de mon métier de Bubble Artist avec mes animations de bulles géantes en Bretagne.
La recette secrète d'une animation bulles géantes : 25 litres de préparation
Tout commence bien avant le jour J.
Pour une seule animation, je prépare en moyenne 25 litres de liquide à bulles. Pas un simple mélange d'eau et de savon, mais une recette que j'ai mise au point au fil des années, test après test, spectacle après spectacle.
Chaque ingrédient compte. Chaque dosage influence la solidité, la taille, la couleur et la durée de vie des bulles.
Cette recette est un peu mon trésor. C'est elle qui permet de créer ces immenses bulles qui émerveillent autant les enfants que les adultes.
Les baguettes ne se réparent pas toutes seules
Une animation Bulles Party, ce n'est pas seulement du liquide. Les baguettes à bulles, les filets, les cordes, les poignées… tout le matériel est vérifié après chaque prestation.
Une corde usée ? Un filet à réparer ? Une baguette à régler ?
Je prends le temps de tout remettre en état, surtout pour la sécurité de tous.
Puis vient le nettoyage. Les seaux sont rincés, le matériel est soigneusement rangé, les torchons passent à la lessive, tout comme les costumes lorsqu'ils ont vécu une journée riche en aventures. Le spectacle commence aussi dans un atelier bien organisé.
La voiture : un véritable Tetris
Une fois le matériel prêt, il faut charger la voiture. Bidons, bassines, baguettes de différentes tailles, protections de sol, matériel pédagogique, vêtements de rechange, caisse à outils…
Chaque objet a sa place.
Comme je me déplace dans toute la Bretagne, certaines journées commencent par deux heures de route avant même de créer la première bulle. Avant de partir, je prépare également la facture (je ne vis pas d'amour et de bulles fraîches), je vérifie ma check-list pour être certaine de ne rien oublier, et je pense aussi à moi : repas, gourde, vêtements adaptés à la météo…
Le grand moment du remplissage…
S'il y a une étape qui me fait toujours sourire, c'est le remplissage des bidons.
Sur le papier, c'est simple. Dans la réalité… c'est une autre histoire. Avec l'entonnoir ou la pompe, les bulles commencent à mousser, débordent parfois du bidon et décident qu'elles veulent déjà jouer avant même le début de la prestation.
Disons qu'elles ont leur propre personnalité !
Oui, je m'échauffe… comme une sportive
Beaucoup sont surpris quand ils me voient faire quelques mouvements avant une animation.
Pourtant, certaines de mes baguettes offrent une portance impressionnante… elles peuvent peser jusqu'à 10 kg à bout de bras.
Alors je prends quelques minutes pour préparer mes épaules, mon dos, mes poignets et mes bras.
Et je prépare aussi… les bulles.
Le secret d'une belle animation est de laisser les cordes et les filets s'imbiber longuement.
Une baguette bien imbibée permet de produire des bulles plus belles, plus solides et surtout de tenir toute la durée de l'animation.
Avant de commencer, la nature décide
Une fois sur place, j'arrive toujours avec le sourire ! C'est essentiel !
Avant même d'installer le matériel, je prends quelques minutes pour observer.
Le vent.
L'humidité.
Le soleil.
L'environnement.
Les bulles géantes adorent certaines conditions… et détestent d'autres.
S'il fait très sec, je cherche un endroit ombragé ou sous les arbres afin de profiter d'une meilleure hygrométrie.
S'il y a trop de vent, il faut parfois changer complètement le déroulement de la prestation.
Dans certains cas, je passe au plan B en intérieur, avec un matériel spécifique et une protection du sol.
Faire des bulles, c'est aussi savoir s'adapter.
Le véritable ingrédient magique ? Les participants !
Les bulles ne sont finalement qu'un prétexte. Le vrai spectacle, ce sont les sourires.
J'aime commencer par une partie très visuelle où les enfants observent. Ils s'émerveillent et se calment naturellement.
Puis vient le moment où tout le monde participe, petits, grands, parents, grands-parents…
Tout le monde prend une baguette, parce que les enfants ont besoin de toucher pour comprendre. Ils découvrent alors la texture du liquide, les couleurs qui apparaissent à la surface des bulles, les phénomènes qui les rendent si fascinantes.
Sans même s'en rendre compte, ils expérimentent un peu de physique, un peu de chimie…
Et puis il y a toujours cette question qui fait briller les yeux :
"Est-ce qu'on peut rentrer dans une bulle ?"
La réponse est souvent… oui.
Et c'est un moment que personne n'oublie.
Entre animation… et pédagogie
Une animation pour enfants ne consiste pas seulement à faire de jolies bulles.
Il faut transmettre, encourager, expliquer et valoriser les réussites. Mais aussi accepter qu'il y ait parfois de la casse et composer avec les enfants qui débordent d'énergie… ou ceux qui n'écoutent pas grand-chose.
Le plus difficile est de trouver le bon équilibre.
Je ne suis pas là pour faire la police.
Je suis là pour faire vivre un moment de joie.
Lorsque chacun trouve sa place, la magie opère.
Le spectacle ne s'arrête pas à la dernière bulle
Lorsque la prestation se termine, je prends toujours le temps de remercier les organisateurs.
Même si cela signifie repartir un peu plus tard. Le contact humain est essentiel dans mon métier. Je dis également au revoir aux enfants, parce qu'une belle dernière impression reste souvent aussi longtemps qu'un beau spectacle.
Ensuite, je remballe soigneusement tout le matériel et je nettoie si nécessaire.
Je repars en laissant un espace propre car ce n'est jamais au client de nettoyer derrière moi.
C'est une question de respect et de professionnalisme.
Et demain… on recommence
La route du retour est souvent l'occasion de refaire le film de la journée.
Qu'est-ce qui a particulièrement plu ? Comment améliorer une séquence ? Quelle nouvelle idée tester ?
Être animatrice de spectacles de bulles en Bretagne, ce n'est pas répéter toujours la même chose. C'est apprendre, expérimenter, se remettre en question et créer sans cesse de nouvelles surprises, où chaque prestation nourrit la suivante.
Parce que derrière une heure de magie se cachent des dizaines d'heures de préparation, d'entraînement, de réflexion… et surtout une immense envie de faire rêver.
Et finalement, c'est peut-être ça, la vraie recette secrète d'une animation réussie !
Commentaires